Cité Tôle: les squatters ont eu un délai jusqu’à mardi pour quitter les lieux.

Après une journée tendue et riche en négociations et tractations, les policiers partent.

Il faut dire qu'il y a eu une féroce opposition aux forces de l'ordre qui étaient là. À l'instar d'Annabelle qui s’est opposée à tous les forces de l’ordre déployées pour l’évacuation des squatters. Tantôt abattue, tantôt faisant preuve d’une détermination fougueuse, elle ne s'est pas laissse faire. «Dominer sa» a-t-elle dit à un moment.

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En voyant l'état de maisons délabrées, fenêtres sans vitres, parquet inexistant, ou encore lit sans matelas, on se rend vite compte de la situation précaire dans laquelle ces familles de squatters vivent. En dépit du froid qui commence à s’installer petit à petit à Curepipe, ces gens essayent de survivre.

Faviolla, mère de trois enfants, explique que ce n’est pas par désir personnel qu’elle s’est retrouvée dans cette région. Elle n’a nulle part où aller. «J’habitais avec mon frère, mais suite à quelques problèmes, j’ai dû quitter sa maison.» Avec trois enfants à sa charge, elle n’a eu autre solution que de faire arrêter l’école à son fils. «Il m’aide à subvenir aux besoins de la famille. Il travaille comme maçon. Avec ma paie qui est de Rs 6 000, ce n’est pas facile à gérer notre quotidien. Impossible de payer un loyer.»

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Ils sont là depuis une semaine. Sans eau ni électricité, ses deux autres enfants apprennent leurs leçons durant la journée, profitant de la lumière du soleil. Ses enfants n’arrivent pas à suivre le programme qui est diffusé à la télé ou sur Zoom. Elle supplie le gouvernement de ne pas «kraz mo lakaz».

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Elle n'est certes pas la seule dans cette situation. Faviolla Virassamy, mère de trois enfants, figure parmi les squatteurs de Cité Tôle à Malherbes, à Curepipe, qui ont été expulsé des terres de l'Etat. «C'est vrai que nous avons pris la terre de l'Etat. Mais fodé qui nou péna mem pou fer sa. Sé enn injustis cont lé malheureux», confie-t-elle. Cette situation, Eric Lemasson la vit aussi. «Je fais face à des difficultés, mais j'essaie de survivre.» Ce dernier lance un appel au gouvernement. «S'il pouvait me donner une place où habite et je payerai tous les mois.»

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D'autres personnalités étaient aussi là pour soutenir ces gens ou tenter de trouver une solution adéquate. Le père Mongelard a indiqué qu’il devait rencontrer le ministre Obeegadoo aujourd’hui. Mais voilà qu’il a appris que l’on comptait démolir les maisons des squatters ce matin. «Ou pa vinn tir malhéré par la fors. Le principe reste kifer bann dimounn bizin vinn la. Moi si bizin rest la enn nuit, mo pou rest enn nuit. Soutenir moi lor mo principe», avait-il dit.

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S’il dit comprendre que ces habitants sont dans une situation illégale, le député de cette circonscription, Michael Sik Yuen explique que ce n’était pas le moment d’engager un tel bras de fer. «Mo trouver tou dimounn bizin met lamain ensam. Ce sont des moments pénibles pour ces familles. Tout doit se dérouler dans le dialogue au lieu vini craz partou.». La police était bel et bien présente en masse de même que des agents de démolition venus détruire ce petit quartier aménagé par quelques familles .

Membre actif de la société civile, Bruno Laurette s’est solidarisé avec la cause des squatters. «Comié agen politik ena chato lor crown land», affirme-t-il. Après autant d’émotions, les squatters sont rentrés à la maison tandis que le comité paroisial de quartier Malherbes assurait la distribution de pains pour les aider. Les autorités leur donnent jusqu'à mardi pour qu'ils quittent les lieux.

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