Infanticide à Quatre-Cocos: la petite Farida, 10 ans, cachait ses blessures sous son hijab

Fin atroce pour une fillette de 10 ans entre les mains de ses parents. La petite Farida Jeewooth a été agressée mortellement par ses parents dans la nuit de dimanche à lundi à Cité Onxy, Quatre Cocos. Sa mère Pallavi Khedoo et son beau-père Deven Chiniah, tous deux agés de 25 ans sont passés aux aveux. Ils allèguent que la victime prenait trop de temps pour finir son diner et que l’enfant leur aurait répondu de manière arrogante. Ils l’ont alors agressé à coups de poing à la tete.

“Deven ki tap li dan latet”, a avancé Pallavi Khedoo. Mais, les enquêteurs de la police soupçonnent que les deux adultes seraient les auteurs de ce crime, dépassant les limites. Les informations receuillies par la police laissent comprendre que Farida Jeewooth était un enfant battu, et des voisins ont à plusieurs reprises alerté la Child Development Unit (CDU) sur son cas. “Zenfan la ti pe gagn bate souvan. So paran avoy li laboutik dan nwar”, confie une voisine à la Criminal Investigation Division (CID) de Bel-Air-Rivière-Seche. Elle ajoute avoir alerté la CDU la semaine dernière en notant des ecchymoses sur le corps de la petite fille qui marchait seule dans la rue en cette période de confinement sanitaire.

Mais, aucun officier n’a fait le déplacement. Même la police de Belle-Mare avait reçu plusieurs plaintes des voisins, affirmant entendre l’enfant appeler au secours lorsqu’elle était maltraitée. En plus, Farida Jeewooth a même été victime d’abus sexuel dans le passé de la part d’un proche et une enquête policière et de la CDU est toujours en cours dans cette affaire. “Elle cachait ses blessures sous son hijab (voile) et elle confiait son calvaire à ses camarades de classe”, poursuit la dans son témoignage à la police.

Farida Jeewooth est né d’un mariage de Pallavi Khedoo et un autre homme. Après l’emprisonnement de ce dernier, la jeune femme s’est mis en couple avec Deven Chiniah, qui était poseur de “ross kuler”. Entre-temps, les proches de son ex-époux ont rompu tout lien avec elle.

C’est un planteur qui a découvert le corps de Farida Jeewooth vers 9h hier matin à Mare-du-Puits alors qu’il se rendait dans son champ de pommes d’amour. Il a noté qu’un bout du corps de la victime était à découvert dans du fumier. Il a immédiatement alerté la police de la localité qui a sollicité les autres unités comme la Scene of Crime Office (Soco), la Dog Unit, la DSU, et la CID de l’Eastern Division.

De son côté, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, chef du département médico-légal de la police a confirmé qu’il s’agit d’un enfant. La police a vite fait le lien avec un cas de disparition rapporté plus tôt par Pallavi Khedoo. Dans un premier temps, elle a déclaré qu’elle dormait la nuit et en se réveillant, elle avait constaté l’absence de Farida Jeewooth. Elle “soupçonnait” que l’enfant s’est enfuit de la maison en passant par une fenêtre. Mais, la police avait des doutes sur cette version, surtout après la découverte du cadavre. Elle et son concubin Deven Chiniah ont été apprehendés par une équipe de l’Anti Robbery Squad (ARS) de l’Eastern Division.

Alors que la dépouille de la victime a été transportée à la morgue de l’hôpital Victoria à Candos où l’autopsie a attribué le décès à une fracture du crâne. Le médecin légiste a noté une lacération au niveau de la hanche et des traces de brûlures sur le corps. Face à ces éléments, les parents de Farida eewooth sont passés aux aveux. Ils déclarent qu’après avoir frappé la petite, ils se sont rendus compte qu’elle ne respirait plus. Ils ont alors voulu se débarrasser du cadavre et l’a placé dans un sac. Les suspects ont pris la direction de Mare -du-Puits où ils ont tenté de la découper en plusieurs morceaux, pour ensuite essayer de la brûler.

Finalement, ils l’ont enterré dans le champ de pommes d’amour estimant que les passant attribuerait l’odeur au fumier. La police estime que c’est un animal qui a déterré une partie du corps de la fille. Deven Chiniah et Pallavi Khedoo ont été placés en détention après leur interrogatoire. Ils sont attendus à la Bail and Remand Court ce mardi pour leur inculpation provisoire. Cette enquête se déroule sous la supervision de l’ACP Seeparsad Mannaram.

Credit: Le Mauricien

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