Menacé d’extinction, le pangolin pourrait avoir transmis le virus de Wuhan à l’homme

Le pangolin pourrait être l’animal qui a transmis le coronavirus de Wuhan à l’homme, lequel a déjà fait 638 morts. Des chercheurs de la South China Agricultural University ont avancé cette hypothèse ce vendredi 7 février à l’issue d’une batterie de tests sur des animaux sauvages, indique l’agence chinoise Xinhua.

Petit mammifère à écailles menacé d’extinction vivant en Afrique et en Asie, le pangolin est très recherché en Chine pour sa chair délicate. Ses écailles, ses os et ses organes trouvent leur usage dans la médecine traditionnelle bien que cet animal a la particularité de pouvoir héberger un virus sans être malade et le transmettre à d’autres espèces.

Le nouveau coronavirus trouve bel et bien sa source chez la chauve-souris, ses génomes sont à 96% identiques au virus circulant chez le mammifère. Le virus de chauve-souris ne peut cependant pas se fixer sur les récepteurs humains: il donc vraisemblable qu’il soit passé par une autre espèce pour s’adapter à l’homme.

Après avoir testé plus de 1 000 échantillons d’animaux sauvages, les chercheurs chinois ont découvert que les génomes de séquences de virus prélevés sur les pangolins étaient à 99% identiques à ceux trouvés sur des patients atteints du coronavirus de Wuhan.

La maladie a fait son apparition en décembre dernier dans un marché de Wuhan où nombre d’animaux, incluant des mammifères sauvages, sont mis en vente. L’hypothèse des serpents ne tient plus, notamment parce que l’épidémie du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) avait été causé par un coronavirus dont l’intermédiaire est la civette, un mammifère recherché pour sa viande.

Près de 100 000 pangolins sont victimes d’un commerce illégal annuellement. C’est l’espèce le plus braconné devant les éléphants et les rhinocéros. Malgré l’interdiction de commercialiser cette espèce, elle est en grande demande en Chine et au Vietnam.