Pointe-aux-Sables: expulsions de squatters aujourd’hui

Elles sont plus de 70 familles qui devront vider les lieux de leurs habitats, ce dimanche 24 mai. Mais où donc vont-elles aller? Mystère.

Les autorités les avaient accordé 48 heures pour vider les lieux, le délai expirant en ce dimanche. Bien qu'ils soient dans l’illégalité et que l'ordre d’éviction provienne de l’État, les concernés s’interrogent sur le pourquoi de cette expulsion maintenant, quand le pays entame une période graduelle de déconfinement, surtout étant donné les séquelles que le Covid-19 a laissé, en particulier chez les plus vulnérables. Le ministre du Logement et des Terres, Steve Obeegadoo, n’était pas joignable hier, mais pour Patrice Armance, député de la circonscription Grand-Rivière-Nord-Ouest/Port-Louis Ouest, l’Etat devrait écouter les griefs de ces gens et aussi s'occuper du transport pour leur évacuation. «Certes, ces gens sont dans l’illégalité. Mais le ministère aurait pu leur accorder au moins une semaine après la levée du confinement pour évacuer les lieux.» précise le député bleu.

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Certains de ces gens vivent sur ces terres depuis des années, d'autres sont sortis d’autres circonscriptions et sont venus se joindre à eux. Les cas de ces personnes diffèrent, bien que leur situation de précarité ont en tout cas fait le tour de la Toile. Il y en a parmi eux qui attendent que leur situation soit régularisée. Notons la présence de personnes malades et d'enfants. Soulignons que plusieurs de ces personnes sont des ‘self-employed’ et n’ont toujours pas encore repris leur travail.

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Depuis le passage des officiers du ministère du Logement et des Terres, Joella Denis est très inquiète. Cette mère de deux enfants en bas âge, dont un bébé est grièvement malade (n'ayant qu'un seul rein et souffrant de l'estomac entre autres), ne sait plus où demander de l'aide, d'autant qu'elle n'a personne qui puisse l’héberger. Étant à Pointe-aux-Sables depuis deux mois, elle a sollicité l’aide de la police pour la survie de ses enfants. La mère de famille s'en est sortie jusqu'ici grâce à des voisins pas en meilleure position qu'elle.

Josie Genave, mère de trois enfants, est elle aussi dans une profonde détresse. Malgré les démarches entreprises pour régulariser sa situation à Ébène, rien n'a été encore fait pour l'aider. La pauvre femme n’a pas les moyens d’aller chercher un autre habitat. Elle raconte qu'elle «Je louait une maison à Rs 7 500, mais n'ayant plus les moyens de le faire, à un moment donné, elle a été expulsée en tant que locataire. Depuis octobre de l'année dernière, elle est venue s'abriter sur ces terres de l’État au su des autorités, assure-t-elle. «Je suis allée faire des démarches pour régulariser ma situation. Mais je n’ai jamais eu de retour.»

Ces deux mères de familles sont parmi tous ces expulsés qui implorent les autorités de leur venir en aide.

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